LE MOT DU PRÉSIDENT
La compétitivité industrielle, seule voie de redressement de notre commerce extérieur
En 2011, tous les regards ont été tournés en Europe vers les déficits publics, les dettes souveraines et la gouvernance de l’Union Européenne.
Les soldes du commerce extérieur sont passés au second plan. Il s’agit pourtant du résultat de toute une nation, de sa capacité à générer des richesses dans une compétition internationale facilitée par les moyens modernes de transport.
Il est trop tôt pour faire un bilan définitif de la France en 2011. A ce jour, la Direction Générale des Douanes a publié une synthèse des 3 premiers trimestres. Les chiffres ne sont pas favorables : - 54 milliards d’euros de solde pour les 3 premiers trimestres 2011.
La tendance du mois d’octobre 2011 est médiocre :
- Exportations : 35,8 Mds €
- Importations : 42,1 Mds €
- Solde : 6,3 Mds €
- Taux de couverture : 85,0 %.
Certes, depuis janvier 2001, le prix du baril de pétrole a doublé. Mais notre déficit ne cesse de se détériorer depuis 2003. Nous continuons à importer massivement dans des secteurs traditionnels comme le textile, l’habillement et les chaussures (-12,4 Mds € sur la dernière année glissante) ou le bois, les papiers et les cartons (-4,6 Mds €).
Mais, notre balance est aussi devenue fortement déficitaire dans l’industrie automobile
(-4,9 Mds €), compte tenu des délocalisations des entreprises françaises et des importations
de marques étrangères.
Que penser de cette évolution ? L’industrie française peut-elle lutter contre ses compétitrices allemandes ou chinoises, pour ne citer que nos deux principaux partenaires commerciaux ? Le libéralisme économique qui est l’un des grands piliers fondateurs des Conseillers du Commerce Extérieur de la France doit-il être remis en question ?
Certains événements récents doivent nous faire réfléchir. J’en citerai deux à titre d’exemple et de façon non exhaustive :
1 – L’explosion de la containerisation : depuis l’invention du container par Malcom MAC LEAN, ce moyen a conduit à une baisse considérable des coûts logistiques. En particulier, les temps de chargement et de déchargement des navires ont été divisés par 50.
2 – L’exemple allemand : entre 2000 et 2003, l’Allemagne connut la récession. L’adoption par Gerhard SCHRODER de l’ « Agenda 2010 », après sa courte victoire électorale de 2002, restera un exemple pour les décisions d’Etat. Ce programme met en œuvre une politique de l’offre avec 7 chapitres : économie, impôts, emploi, santé, retraite, apprentissage, éducation et recherche.
En 2010, l’Allemagne affiche un solde de + 153 Mds € pour son commerce extérieur. Il faut néanmoins noter, dans cette apparente santé, un déficit de – 23 Mds € à l’égard de la Chine…
Ces éléments ne permettent pas de conclure. Ils illustrent les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. La containerisation a déformé l’espace. L’Allemagne nous montre qu’aucune bataille économique n’est perdue d’avance.
Le maintien du libéralisme nécessitera du courage à tous les niveaux : de l’Etat, des entreprises et des salariés. Le discours politique actuel unanime montre une certaine prise de conscience.
Espérons qu’il servira notre compétitivité industrielle et notre innovation, seules voies possibles sur la durée.
Je vous souhaite une très bonne année 2012 ainsi qu’à vos familles, à vos entreprises et à vos actions bénévoles au profit de notre Comité.
Christian DESMOULINS
Président du Comité Régional des Conseillers du Commerce Extérieur
de la France en Midi-Pyrénées





